Archives Vol. 2 1976-1992. 06/11/2000
Archives Vol.2
La Critique Pro :
1976-1992. Une autre époque.
Comment les Genesis s’y sont-ils pris pour étaler tant d’années sur
trois CD's seulement ? La réponse est simple : il y a, contrairement à
la période 70-75, beaucoup de chansons enregistrées et demeurées
inédites jusqu’à la sortie du coffret. De plus, au milieu, le groupe
nous offre plein de versions de morceaux déjà connus en live, prélevées à
différentes tournées. De l’inédit et du live majoritairement donc.
Commençons par les inédits, car il n’y a presque que des points
positifs de ce côté-là. Le presque, c’est parce que sur l'ensemble des
chansons sorties de l’ombre de leurs faces B ou de leurs E.P, le groupe a
quand même osé nous priver de deux d’entre elles, pas forcément les
plus marquantes, mais cela reste tout de même regrettable : "Me and
Virgil" et surtout "Match of the Day", pour la simple raison que Phil
n’en aime pas les paroles !
Du reste, on passe de l’excellent à l’excellent, voire à l’excellentissime. Car oui, les années 80-90 ont aussi engendré leurs trésors, mine de rien. Mais couvrons d’abord la fin des seventies car il y en a un peu moins. Je ne comprends toujours pas pourquoi "It’s Yourself" n’a pas pu trouver sa place sur A Trick of the Tail, tant elle est empreinte de la limpidité acoustique qui coule à travers d’autres chansons de l’album, avec un petit côté expérimental inédit chez GENESIS.
"It’s Yourself"
Notons aussi que le début de la partie instrumentale est repris en intro de "Los Endos". De l'E.P Spot the Pigeon, on retient surtout "Inside and Out" et son décollage salvateur. De même pour les deux inédits d’And Then There Were Three qui n'ont pas à rougir à côté des titres de ce superbe album : le mordant "The Day the Light Went Out" et la ballade "Vancouver" (un hommage à Phil et ses problèmes de l'époque), qui collent tellement bien avec l’esprit de l’album que c’en est désarmant.
Du reste, les inédits des années 80 sont placés dans un ordre singulier. On passe de la pop cuivrée de "Paperlate" à la bankserie seventies de "Evidence of Autumn", de la pop sautillante de "I’d Rather Be you" à l’instrumental quasi-jazz "Naminanu".
"I’d Rather Be you"
Mais chacun des morceaux de ce premier disque ou presque a sa petite étincelle de génie (efficace, aisément ou non), y compris "Submarine" qui est plus une pièce d’ambiance, mais tout en crescendo. La légende veut qu’elle et "Naminanu" formaient à la base une suite avec "Dodo" et "Lurker" dans l’album Abacab.
Mais il y a encore mieux avec les inédits d’Invisible Touch et de We Can’t Dance. "Feeding the Fire" est une chanson très dense, tandis que "Do the Neurotic" fait penser à une jam-session où les trois compères se lâchent complètement. Et ça donne une vraie tuerie, un morceau de bravoure, notamment la partie centrale avec les fausses percussions.
"Feeding the Fire"
"Do the Neurotic"
Enfin, de We Can’t Dance, on retient surtout "On the Shoreline" qui, si elle ne méritait peut-être pas de figurer sur l’album, est en passe de devenir une des meilleures chansons du groupe de cette époque. Les claviers étincellent particulièrement, on sent bien de qui vient l’idée de la chanson.
"On the Shoreline"
Les morceaux live maintenant. Certes, le son n’est pas parfait partout,
et l’on comprend que tous les titres n’aient pas été mixés à la suite.
Mais nom de dieu, pourquoi ce fade-out à la fin de "Man on the Corner",
alors que "Who Dunnit ?" se trouvait enchaînée avec elle ? Je sais bien
que ce n’est pas la chanson préférée des fans, mais elle avait sa chance
de mieux passer en live qu’en studio.
Car oui, pratiquement chacune de ces versions live est au moins aussi bonne que son originale et ce pour des raisons diverses. "Deep in the Motherlode" a été ralentie, mais il y a la folie du concert en plus (et les petits ajouts à la fin). Même remarque pour "Illegal Alien", "The Lady Lies", "Duke’s Travels" (avec "Duke’s End" non indiquée sur la boîte à la fin), "Burning Rope"… "It’s Gonna Get Better est encore magnifiée ainsi (bien qu’il manque "Keep it Dark" juste avant, grrr), principalement grâce à Phil qui a abandonné la voix de tête au profit de sa voix normale, et que c’est encore plus fort. "No Reply at All", même débarrassée de ses cuivres, devient incontournable. De plus, Phil s’égosille, tout comme sur "Man on the Corner", ce qui les rend encore meilleures.
"Duke’s Travels"
Le synthé (et tout
l'arrangement) de "The Brazilian" est plus flamboyant qu’en studio, la
guitare mieux mise en valeur. "Dreaming While you Sleep" qui voit sa
mélodie de marimba changée, est encore plus percutant. En bref, il n’y a
que deux petits points bancals. Le premier, c’est "Your Own Special
Way" : bien que toujours belle, ceux qui trouvent la chanson originale
mièvre ne seront guère plus convaincus par l’arrangement de cordes avec
lequel elle est ici enrobée. Pour la petite histoire, elle a été
prélevée à une date australienne, or selon un décret instauré, le groupe
ne pouvait jouer sur ce territoire avec l’absence de musiciens du pays
sur scène. Le second point, c’est "Entangled", très belle aussi, mais il
manque la pureté et l’intensité de la version studio, ce qui en
amoindrit les frissons. N’en reste pas moins que dans l’ensemble, ces
versions live sont absolument énormes et s’avèrent indispensables,
autant que les inédites.
Pourtant, si le premier coffret est exempt de "reproches", il n’en est
pas de même de celui-ci. J’en ai déjà cité un ou deux, mais ce n’est pas
ce qu’il y a de pire. Parmi ces inédits et ces titres live, on trouve
les remixes de chansons 'récentes'. Tous sont intéressants (surtout "I
Can’t Dance"), avec de bonnes parties instrumentales et un certain
dynamisme en plus, mais n’aurait-il pas mieux valu les regrouper sur un
disque à part du coffret, comme l’a fait Phil pour son "No Jacket
Required ? Surtout que tout ce que gagnent ces pauvres remixes, c’est le
fait d’être systématiquement zappés, demandez aux fans. Les plus
indulgents s’attarderont sur l’excellente version 'en travail' de "Mama"
(plus longue, plus légère, plus improvisée).
"Mama" (work in progress)
Venons-en maintenant au point le plus négatif. Comme son sous-titre l’indique, le coffret s’arrête à 1992. Et Calling All Stations
alors ? Quand on ouvre la boîte, on est frustré parce qu’il y a une
bande noire vide, un emplacement où aurait pu figurer un quatrième CD,
avec tous les (superbes) inédits du dernier album du groupe, voire
quelques titres live. Mais non, Tony et Mike ont déjà choisi de bouder
cette époque. C'est à la limite du manque de respect, mais soit, c'est
bien le seul point noir dans l'histoire de Genesis.
Ce n’est peut-être qu'un détail, mais très explicite, et c’est franchement dommage. D’autant plus qu’en dehors de ça, on obtient encore un magnifique objet, indispensable bien sûr, rempli de trésors (presque) à ras-bord.
Archives Vol.2 le coffret
Ci dessous le lien pour écouter le coffret dans son intégralité
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